Skip navigation.
Home

Microsoft, nuages à l'horizon

Microsoft a toujours suscité des commentaires extrêmes. Les pro et les anti. Les admiratifs et les autres. La réussite engendre toujours des réactions.

Au fil du temps Microsoft s'est imposé à la maison comme dans l'entreprise. La société débute en 1975 par la vente de compilateurs et interpreteurs de langage (comme le BASIC). Mais l'accélération vient en 1981 lorsque Microsoft rachète un Système d'Exploitation (logiciel de base de tout ordinateur), le QDOS et le vend sous forme de licence à IBM puis d'autres constructeurs de PC (MS-DOS). Ceci générera des revenus réguliers à chaque vente de PC, un vrai jackpot. Une version graphique nommée Windows sort en 1985 mais est très loin de ses concurrents du moment le Macintosh d'Apple et l'Amiga de Commodore, Microsoft mettra presque 10 ans avant de rattraper son retard (avec Windows 95). En parallèle Microsoft développe des applications de bureautique comme Word, Excel, Internet Explorer, Outlook.

Microsoft s'est par la suite étendu vers d'autres segments comme les jeux et les consoles (XBOX), les médias (MSNBC), les services en ligne (Hotmail, Messenger) , les applications pour serveurs comme les bases de données et des ERP (Progiciel Intégré), et plus récemment le Système d'Exploitation pour téléphone mobile.

Toutes cette expansion s'est faite souvent en réaction à des avancées de concurrents plus agressif et innovants

Mais Microsoft qui a basé son offre sur la pré-installation de Windows sur les PC tout en n'ayant pas à investir comme constructeur de matériel tire des revenus garantis d'un segment en croissance, l'équipement des entreprises puis des foyers. Les ventes croisées avec sa suite Office et la redirection d'Internet Explorer vers les services en ligne achève la domination.

L'omniprésence n'a fait donc qu'augmenter alors même que des produits plutôt décevants voyaient le jour (Vista).

Mais trois révolutions technologiques vont mettre une imperceptible brèche dans le bel édifice.

Le virage Internet globalement manqué

L'arrivée d'Internet a 'connecté' les utilisateurs entre-eux (partage de connaissance et ouverture, travail collaboratif, ..; )MS Revenues Breakdown 2008

Dans ce domaine, Microsoft ne comprenant pas initialement le potentiel d'Internet a tardé avant d'offrir un navigateur Internet, un marché dominé à l'époque par Netscape. Mais plus grave en terme de business, Microsoft n'a jamais réussi à rattraper son retard dans les portails (Yahoo, 5Md$ de CA) et surtout dans les moteurs de recherche (Google, 16 Md$ de CA 2008) ces secteurs drainant un chiffre d'affaire colossal en régie publicitaire. Même punition dans les places de marché ou de e-commerce (eBay, Amazon 19 Md$ de CA 2008, …) et les réseaux sociaux. Seul succès (en Europe), la messagerie instantanée MSN qui tient tête à Yahoo et Skype.

Condamné à avoir un moteur de recherche très en retrait, même pour le nouveau « Bing », Microsoft s'est récemment résolu à s'allier à Yahoo dans le domaine, bizarrement s'en en reprendre la technologie pourtant plus efficace.

Un langage permettant de s'affranchir du Système d'Exploitation

Le 2ème choc est  venu en 1996 d'un nouveau langage appelé Java et développé par Sun Microsystems, ce langage permettant d'écrire des logiciels indépendant du système d'exploitation et du matériel.

En dehors des qualités intrinsèques de ce langage objet et de sa gratuité, les Directeurs des SI (DSI) ont rapidement compris qu'avec Java les DSI devenaient libres de changer de fournisseur, un avantage gigantesque dans le monde de la technologie où tout est fait pour vous rendre dépendant d'un fournisseur limitant ainsi les mises en concurrence et les capacités de négociation.

L'émergence d'applications gratuites de qualité

Et enfin le dernier coup de boutoir de ces dernières années, avec l'arrivée des Systèmes d'Exploitation Opensource (comme Linux et OpenSolaris) et d'applications gratuites comme OpenOffice (concurrent de la suite Office, véritable vache à lait de Microsoft), sans parler des applications en mode hébergé (directement sur Internet) comme Google Docs

 Le résultat de ces erreurs stratégiques (finalement un manque d'adaptabilité et d'anticipation, chose incroyable pour une entreprise technologique) ont conduit la société à faire son premier plan social sous le couvert de la crise cette année et voit son chiffre d'affaires stagner (60 Md$, 25% de marge)  

On peut dire que Microsoft a surement mangé son pain blanc, surfant sur une technologie propriétaire et dominant le monde du logiciel personnel et d'entreprise. Des concurrents puissants sont en embuscade, Google sur le segment Retail, Oracle-Sun et IBM sur le segment Entreprise. De plus, la vente de Windows notamment pré-installé représente encore une large part du chiffre d'affaires, avec un risque majeur, que certains fabriquants de PC proposent un Linux gratuit pré-installé. En effet des Linux comme Mandriva et Ubuntu sont maintenant aussi conviviaux que Windows, plus sûrs, et moins chers. Seul inconvénient, peu de jeux, mais les PC s'effacent petit à petit dans les foyers aux profits des consoles limitant ainsi cette faiblesse.

L'énorme trésorerie (24 Md$) et les 8 Md$ de dépenses en R&D vont être nécessaire pour ne pas risquer l'accumulation de revers ces prochaines années, surtout si Microsoft poursuit avec un portefeuille produits et services régulièrement en retrait de la compétition en terme de qualité et d'innovation. 

Mais surtout on peut se demander si une révolution culturelle n'est pas nécessaire, par exemple comme Sun Microsystems ouvrant son Système d'Exploitation phare Solaris pour laisser des contributeurs de tout horizon améliorer gratuitement les fonctionnalités non stratégiques, ou Apple il y a quelques années abandonnant son Système d'Exploitation (MacOS) pour passer à une version adaptée de Linux. Ces décisions sont courageuses car elles se font forcément avec une résistance des équipes de R&D.

Coté acquisition, une grosse opération de croissance externe ne semble pas réaliste, tant les cultures sont différentes des cibles potentielles (Yahoo, AOL,...) et sachant que les autorités de régulation n'accepterait pas forcément une dominance accrue.

Christopher Potter

Dans un prochain article, nous décrirons une stratégie permettant de s'affranchir progressivement de Microsoft sur le poste Client, en entreprise ou à la maison notamment pour diminuer les coûts.

 

 

0
Your rating: None