Mai : Les marchés en forte chute depuis leurs plus-hauts
Après 60% de hausse pour le CAC40 et 77% pour le SP500 depuis le creux du marché en Mars 2009 les marchés ont flanché cette fois-ci sur des craintes liées à la dette des pays européens sur-endettés (Grèce, Portugal, Espagne, ...) mais surtout économiquement fragiles.
Un élément à noter est que tout ceci a été crée par la menace de 'downgrade' des notes de ces pays par les agences de notation qui pourtant ont perdu toute crédibilité depuis la crise des subprimes. Néanmoins il est vrai que la dette de ces pays doit être mise sous contrôle. D'ailleurs les grands pays doivent maintenant mettre un peu d'ordre dans leurs finances publiques (USA et Grande Bretagne, mais aussi bien sûr la France)
Certains éléments permettent de relativiser, la Grèce et le Portugal ne représentent qu'une très faible partie de l'économie européenne. Enfin, même si les déficits européens et le niveau d'imposition ne donnent pas une grande marge de manœuvre, l'Europe a beaucoup d'épargne et la banque centrale européenne n'a pas encore utilisé des techniques non-conventionnelles (comme le rachat de dettes d'États) comme l'on fait l'année dernière les États-Unis et la Grande-Bretagne. Le vrai test est donc plus sur la cohésion Européenne et et l'Euro.
Il est probable que le moment de panique passé ce qui est proche (au 7 Mai), la chute soit enrayée. Néanmoins on peut penser que la hausse poursuivie depuis Mars 2009 est stoppée.
Au mieux nous allons vivre la 'New normal' pour le marché, c'est à dire une stabilisation dans la zone 3300-3700 pour le CAC40 (et vers les 1000 pour le SP500), qui reflèterait une stabilisation de l'économie voire légère baisse de celle-ci. Maintenant que les entreprises vont mieux, les éléments pour une reprise de la hausse seront liés à une baisse significative du chômage et un rétablissement des finances publiques, le tout aidé par une Euro redevenu compétitif.
A noter que comme pour la crise financières (réforme des agences de notations, marché règlementé pour les dérivés, Bale III, ...), les leçons pour l'Europe doivent être tirées, et le niveau d'intégration politique et économique doit être plus ambitieux. Par exemple, une monnaie commune veut dire que les critères de Maastricht (déficit et dettes publiques) doivent être strictement suivis, sauf sur autorisation temporaire de la BCE. Ceci aurait surement prévenu la crise Grecque.
Il faut être vigilant concernant la construction Européenne, car 2 courants vont se dessiner, ceux qui veulent un éclatement de l'Europe (et donc plus d'Euro), ou une Europe beaucoup plus intégrée. Politique économique fiscale et sociale plus convergente, création d'une agence de notation, ainsi que d'autres actions maintenant indispensables, comme la création d'une agence européenne de la circulation aérienne (suite au blocage du trafic aérien), armée commune, bref un nouvel élan.
L'Europe ne doit pas avoir peur, la Suisse ou les Etats-Unis d'Amérique montrent qu'on peut être intégré mais laisser une grande liberté 'locale' (Cantons ou États pour les USA).
Mais dans tous les cas, comme pour le chantier de la régulation financière, le statu-quo ne sera pas possible, nous aurons besoin d'hommes politiques courageux.
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