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Les marchés probablement stabilisés

Mon dernier mot sur les marchés date de fin Septembre, indiquant de la prudence avant le mois souvent fatidique en bourse, le mois d'Octobre.

Mais qui aurait pu imaginer que l'état américain allait laisser tomber Lehman Brothers. On peut se rappeler que la dépression des années 30 a été d'une violence inouïe notamment parce que les banques ont fait faillite sans que le Président Hoover n'intervienne. Heureusement cette fois-ci la plupart des établissements ont ensuite été sauvés soit directement par les états (AIG, Dexia, de nombreuses banques anglaises carrément nationalisées) soit sauvés par des établissements privés plus solides (CountryWide et Merrill Lynch par Bank of America, Fortis par BNP...).

Globalement la crise des subprimes -une crise du sur-endettement- (la dette totale américaine ayant atteint 356% du PNB, contre le dernier pic de 1933 qui était de 300%) s'est aggravée en une crise de liquidités . Facteur aggravant, des normes comptables (IAS39) obligeant à valoriser des actifs à leur juste valeur ont déséquilibré le bilan des banques car de nombreux actifs dans ce marché illiquide ne valaient quasiment plus rien.

Depuis, les gouvernements et banques centrales ont pris le taureau par les cornes en garantissant les dépôts, facilitant la liquidité inter-bancaire, modifiant les normes comptables, baissant les taux d'intérêt, injectant de la liquidité et créant des structures de cantonnements des actifs toxiques (TARP ou Troubled Asset Relief Program et TALF Term Asset-Backed Securities Loan Facility).

Mais assez rapidement la crise qui ne touchait que le secteur financier s'est propagée à d'autres secteurs, l'inquiétude croissante du consommateur arrêtant net certains achats (automobile et immobilier) a provoqué une chute dans de nombreux secteurs industriels.

Les états ont dû alors soutenir les secteurs les plus touchés comme l'automobile qui emploie beaucoup de travailleurs directement ou indirectement.

La crise a continué de ce diffuser dans d'autres secteurs (transport aérien, acier, ...), les prix ont commencé à chuter et le chômage à exploser (+600.000/mois aux USA depuis plusieurs mois, +100.000 en France en Janvier). Des chutes inimaginable du PIB annualisé ont été constatés (-12.7% sur le dernier trimestre au Japon, -6.2% pour les Etats-Unis)

Déjà, la destruction de richesses à travers la planète a atteint 30.000 milliards de dollars sur les marchés financiers et environ 8 milliards pour l'immobilier.

Face à cette spirale dont les effets se font maintenant sentir plus 'réellement' qu'au début de la crise, les gouvernements commencent à se trouver à court d'idée et surtout de manoeuvre budgétaire. Certains comme les Etats-Unis ont décidé de faire du « Quantitative Easing », traduire faire marcher la planche à billet notamment pour racheter leur propre dette et faire ainsi baisser les taux longs.

Malgré tout cela les établissements financiers dans les pays les plus touchés (lire USA, Grande-Bretagne, Espagne)  ne sont pas sortis d'affaires avec la crise économique s'installant (chômage, faillite, …) qui touche maintenant leur segment « retail » qui avait joué en 2007 et 2008 les amortisseurs. Les USA ont fait passé des « stress tests » afin de savoir jusqu'à quel niveau de dégradation (notamment du chomage) ces banques pouvaient tenir sans recapitalisation. Les résultats est globalement bon pour les grandes banques, celle pouvant créer un risque systémique.

Si la dégradation devait se poursuivre, on pourrait se poser la question d'un risque de défaillance pour les États accéléré par des dégradation de leur note (l'Islande est passé au bord du gouffre, la situation en Irlande se dégrade très vite de même que pour la Grande-Bretagne et les Pays de l'Est). Heureusement en Europe, la monnaie unique a évité une crise de change.

On a vu alors que la  situation économique se dégradait extremement rapidement des réflexes de repli et de nationalisme, comme le protectionnisme qui refait surface souvent malgré le fait avéré qu'il aggrave les crises, de même que certains troubles sociaux finalement assez limités et pas dans les pays où l'on aurait pu les attendre.

Alors que la situation se stabilise en ce printemps 2009, le paysage bancaire et industriel mondial va être bouleversé, les cartes redistribuées. En France on peut noter le rapprochement Banque Populaire/Caisses d'Epargne (2ème banque en France), CAAM/SGAM (9ème acteur mondial),  Dans la BFI, des re-organisations seront inéluctables soit par regroupement entre BFI (ex. Citigroup apportant  SalomonSmithBarney  dans une  JV avec Morgan Stanley), soit par intégration dans le Retail (Merrill Lynch par BoA), soit avec le lancement d'activité Retail (Goldman Sachs). Dans l'industrie automobile, les annonces spéctaculaires s'enchainent.

Finalement, les comparaisons avec des crises vont bon train de la part des observateurs. Vivons nous la crise de 1973-1974, ou celles beaucoup plus grave de 1929 et 1873 (dans ces 2 derniers cas, la récession a duré respectivement 4 et 5 ans).

Néanmoins de par l'action des gouvernements (le déficit Américain atteindra 12,3% du PIB la valeur la plus haute depuis 1945), les conséquences à venir de cette crise ne peut s'apparenter à celles de 1929 (crise d'ailleurs de sur-endettement des entreprises vs des ménages)

En effet aux Etats-Unis surtout, la nécessaire diminution de la dette privée va être compensée en partie par de la dette publique.

Mais il n'y a pas de secret, l'addition se paiera sur un plus long terme (inflation différée voire stagflation, endettement des États et donc pression fiscale importante, faible consommation). Heureusement le départ à la retraire des baby-boomers limitera l'explosion du chômage.

 

Et pour les marchés dans tout cela ?

L'augmentation du chômage et le désendettement des ménages va peser fortement sur la consommation américaine, moteur très important de la croissance américaine (70% mais attention, 33% environ concerne l'habitat proportion qui avec la crise immobilière risque de diminuer). Les résultats économiques de nombreux secteurs seront pénalisés pendant de long mois.

Mais l'endettement public réalisé aux USA va prendre le relais de cette décroissance de dette privé, avec de plus une injection astronomique de liquidité, le rachat d'obligation du Trésor afin de faire baisser les taux longs.

Ces actions auront une tendance positive sur les marchés. Mais des risques importants planeront encore quelques temps sur les marchés, comme une crise du crédit « consommation », le défaut d'un pays important, une augmentation massive des foreclosures (certains crédits -ARM- ne remontent que par seuils). Un tel événement enverrait les marchés "à la cave" (CAC40 à 2300/2400 points)

On notera que le rebond initié à partir du 9 Mars (2465 points) s'est produit près du précédant point bas le 12 Mars 2003 (2401 points) qui était etrangement plus volatil (cf graphique ci-contre)

Le rallye du Printemps 2009 a donc ramené le CAC à 3400 points et le SP500 sur les 950 points. Les moyennes mobiles de moyen terme (100j) se sont retournées et celles de plus long-terme s'applatissent. Cette confirmation est extrêmement encourageante et semble indiquer une stabilisation de long-terme des marchés.

A ce stade, une poursuite de la hausse est donc encore possible en direction des 3600/3700 points, avec des points d'entrée intéressant en dessous de 3300. Un fois ce 'dernier rallye' réalisé (corfirmé par un dépassement des 3400 pts), un retour sur le niveau 3000/3300 est envisageable pour l'été.

On s'orientera actuellement des produits ayant fortement baissé, l'immobilier américain [IUS, IE00B1FZSF77] pour la décote et le rendement, et quelques valeurs comme Peugeot, Nexans, St-Gobain, Lafarge, Air France, STM et l'Europe de l'Est [CEC], Select Dividende 30 [SEL]

Sur repli un peu plus marqué (3000), on pourra se positionner sur des zones géographiques comme le Brésil [RIO], les bancaires et des valeurs comme M6, Sopra, Ubi Soft, Cegid, comme le pétrole [OILBP]. On pourra acheter plus largement l'indice CAC40 avec effet de levier [L40] entre 14 et 15€

 

Christopher Potter

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